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ARTICLE / PROJECTION DE CONSCIENCE

Une brève histoire de l'astral en Occident
Article par Aislean - Publié le 4 avril 2009

Un article historique présentant l'apparition de la notion de sortie hors du corps et de projection "astrale" en Occident, des traditions locales à la systématisation théosophique.

2L’HYPOTHÈSE DE LA CATASTROPHE CULTURELLE

Nous avons vu que l'Europe lettrée aurait pu connaître le rêve lucide et les OBE à travers la littérature grecque. Nous savons aussi grâce à certaines statistiques qu'une personne sur cinq est censée faire un rêve lucide par mois – ces chiffres semblent un brin exagérés mais admettons. Nous pouvions donc supposer trouver des références aux OBE dans la littérature et une cible toute désignée semblait être la littérature magique entre le début du XVIe et la fin du XIXe. Or nous n'avons rien trouvé. Comment un pareil phénomène a-t-il pu passer inaperçu ?

La première hypothèse qui saute à l'esprit est une hypothèse catastrophiste. Le rêve lucide et les OBE sont relativement courants mais, pour les expérimenter avec régularité, il faut connaître des méthodes. Ne serait-il pas envisageable que les personnes susceptibles de les transmettre aient toutes disparu ? On en vient à penser à la chasse aux sorcières qui eut lieu aux XVIème et XVIIème siècles. Mais ce qui nous arrête au premier abord, c'est que, de ce que nous savons grossièrement des sorcières, elles se réunissaient la nuit aux carrefours pour faire bouillir des petits enfants dans leurs chaudrons et commettre d'autres vilenies. Rien qui à première vue ressemble à notre affaire.

Aussi serions-nous tentés de laisser tomber de suite ; jusqu'au moment où nous apprenons que le principal débat sur les activités des sorcières était de savoir si le sabbat se passait en réalité... ou en rêve ! Point qui ne semble pouvoir être tranché ni par les historiens actuels mais, aussi à l'époque où les faits se déroulaient, ni par les Inquisiteurs... ni par les sorcières elles-mêmes ! Voilà qui devient fort curieux ! D'où l'idée de s’intéresser de plus près aux documents sur le sujet.

L'auteur qui semble s'être le plus penché sur la question, en se plaçant du point de vue de la population rurale de l’époque et de ses récits, est l’historien italien Carlo Ginszurg. Avant lui, l’Histoire s'intéressait surtout aux terreurs de l’Inquisition et au pouvoir de l'Eglise et, sur tout le reste, on disposait seulement de deux points de vue superficiels : le point de vue de Margaret Murray qui donna naissance à la Wicca : les sabbats étaient bien réels - et, pour le prouver, on prend soin d’occulter toute preuve d'événements bizarres (vols sur les balais, transformations en animaux, etc.) ; et le point de vue inverse et tout aussi exagéré qui soutenait que les sabbats étaient entièrement imaginaires et que l'invraisemblance des récits étaient due aux aveux sous la torture. Mais si l’on étudie les documents inquisitoriaux sous l'angle de l’OBE ou du rêve lucide, on tombe sur une réalité bien différente de ces opinions.

Les deux livres de Ginzburg sur le sujet (Les batailles nocturnes, Le sabbat des sorcières) montrent que l'Eglise était parfaitement au courant, depuis l'an 900 et la rédaction du Canon Episcopi, qu'un certain nombre de personnes croyaient se rendre la nuit « en esprit », au moyen du vol ou transformées en animaux, dans des réunions présidées par des divinités païennes ; et que cela se passait en rêve. Parmi ces personnes, les cas les plus frappants sont les benandanti au Frioul, les kresniki en Istrie, Slovénie et Croatie. A la fin du XIXe, on retrouve encore ces croyances chez les burkudzäutä dans le peuple des Ossètes au Caucase.

Toutefois, si ces cas sont remarquables et si l’histoire les a retenus, c'est que la population locale avait donné un nom générique à ces individus : en fait, les mêmes croyances et pratiques se retrouvent dans des procès sur toute l'Europe, généralement dans des endroits reculés - ainsi une grande majorité autour des massifs montagneux, Alpes et Pyrénées.

Les procès des benandanti sont relativement bien documentés et recoupent les autres affaires qui eurent lieu ailleurs qu’au Nord de l’Italie. Ils montrent qu’il ne s'agissait pas de groupes organisés, encore moins hiérarchisés, mais de personnes isolées qui ne se fréquentaient pas. Le point commun de tous ces récits en Europe, c'est la croyance que d'être « né coiffé » (c’est-à-dire la tête couverte de la poche des eaux) entraînait de devenir benandante (ou kresnik, ou autre). C'était le destin et l’on n'y coupait pas : à un âge déterminé (variant cependant selon les endroits), la personne sera contactée en rêve par un autre benandante. Si elle accepte de devenir benandante, à partir de ce moment elle ira « en esprit » à certaines réunions, appelées « jeux », qui se déroulent aux quatre périodes clefs de l'année (les Quatre Temps). Renier sa promesse et ne pas se rendre à l’un de ces jeux est synonyme de mort prochaine.

Le benandante peut s’y rendre en volant, monté sur un animal, transformé en celui-ci ou encore sous la forme d'un souffle. Pour les hommes, le schéma des « jeux » consiste en une bataille rangée contre les sorciers dans le but de protéger les récoltes : l’ambiance y est très militaire, avec capitaines, tambours et drapeaux… mais les combats se déroulent à coup de céréales ! Il semblerait établi que cela reproduit un rite agraire bien antérieur. Le schéma pour les femmes est de se rendre à la « bonne société » de la « Dame du jeu » - une entité féminine qui conduit les esprits des morts et peut enseigner la nature des plantes et des animaux. Comme je le disais plus haut, ces mêmes schémas se retrouvent sur l'Europe entière, de l'Ecosse aux pays Baltes au Nord jusqu'aux Balkans au Sud et à l'Oural à l'Est.

On peut difficilement se prononcer en faveur de l'efficacité de ces pratiques. Dans plusieurs cas cités, il semble que le benandante se soit abusé, croyant se rendre sur un lieu réel mais qui - par chance pour lui ! s’avèrera ne pas exister après vérification de l'Inquisition, ou pensant avoir protégé de l’emprise des sorciers un enfant malade qui décèdera quelques jours plus tard, ou dénonçant une sorcière qui après enquête n’en est pas une, etc.

Il est aussi difficile de se prononcer sur le type de rêve ou d’état de conscience : cela dépend sans doute de la personne. Dans certains cas, il semble que ce soient des rêves de faux-éveil ; la plupart ressemblent véritablement à des rêves lucides ou à des expériences avec sensations de sortie du corps ; quelques uns, dont les récits sont flous, sont sans doute des rêves prélucides ou ordinaires. Ce que l'on remarque avant tout, c'est que le contenu du rêve est jugé bien plus important que l'état de conscience, qu'il est perçu comme une réalité - et bien sûr, que ces braves paysans se moquent royalement du fait de savoir qu'ils rêvent ou pas - ce qui est une préoccupation intellectuelle récente.

En bref, on se rend compte qu'on a là une pratique très ancienne, certainement bien antérieure au IXème siècle, mais qui n'apparaît pas dans les textes car elle est rurale et le fait d'illettrés. Comment a-t-elle disparu ? Les malheureux ont-ils tous péri sur les bûchers ? C’est le sujet du prochain chapitre.


La carte représente (d'après Ginzburg) les endroits en Europe où ont été signalés, du XVIème siècle au XIXème, des voyages en esprit de type chamanique avec, soit rencontre d'une "bonne dame" ou "fée", soit "bataille pour les récoltes", soit encore "rencontre avec les défunts". Les zones hachurées en bleu correspondent plus ou moins à des régions géographiquement tenues à l'écart de la culture dominante : îles (Corse, Sicile) ; zones arctiques (Scandinavie) ; montagnes : Alpes, Pyrénées, Appenins, Carpathes, Caucase, Scottish Highlands.


2APPARITION ET DISPARITION D’UNE COUTUME

Comme nous l’avons vu plus haut, la connaissance de la conscience dans le rêve apparaît dans l'Europe cultivée juste à la fin du XIXème siècle, à travers des méthodes issues de découvertes personnelles (Hervey de Saint-Denys) pour le rêve lucide, ou originaires de l’Inde pour la « projection astrale » (Blavatsky). Auparavant, il n'en était pas question. Par contre, une pratique proche du rêve lucide ou de l'OBE existait depuis des temps immémoriaux dans les milieux ruraux et montagnards de l’Europe. Mais elle disparaît à la fin du XVIIe. Que s'est-il passé ?

Tout d'abord, il nous faut examiner les méthodes liées à cette pratique rurale et les moyens de sa transmission. Et c'est là que débute notre stupéfaction : car il n'y a ni vraiment de méthode ni non plus de moyen de transmission ! Nous avons dit que ces personnes ne se connaissaient pas entre elles. Elles vivaient dans des milieux montagnards relativement isolés. Pour les benandanti, il devait y en avoir un tous les vingt kilomètres. Il arrive que ces individus se connaissent de nom mais, de toutes façons, ils n'avaient pas le droit de raconter leurs expériences, sous peine d'être battus par les esprits. Les possibilités d'une transmission orale sont donc pour le moins extrêmement limitées ! Comment cette tradition a-t-elle pu se perpétuer ?

De même, en ce qui concerne la méthode, on se rend compte qu'il n'y en a pas : « on ne fait rien d'autre que laisser l'esprit quitter le corps et partir », répond un benandante à l'Inquisiteur sur les moyens utilisés. Certains sortent de leur corps durant leur sommeil normal, d'autres sont pris d'un sommeil soudain, d'autres tombent d'un coup en catalepsie, etc. En vérité, on a l'impression que c'est une sorte d'« épidémie » d'états de conscience modifiés, provoqués par la persuasion d'être benandante de manière inéluctable, de risquer la mort si l’on n'obéit pas à l'appel, d'être assuré du paradis si l’on y répond. Cette suggestion quasiment hypnotique est véhiculée par les croyances partagées par la communauté, non la communauté d'autres benandanti puisqu’elle n'en est pas une, mais celle du village et de la région. Et c'est ce qui signe rapidement la fin des benandanti à partir du moment où leur existence est révélée au monde lettré.

Lors des premiers procès, les accusés sont stupéfaits. Eux qui ont toujours cru oeuvrer pour Dieu, lutter contre les sorciers (1), on les soupçonne d'être les victimes d'illusions diaboliques. Ils ont en face d'eux une personne « cultivée » et la croient sur parole. Ils admettent avec bouleversement avoir été abusés. Les procès leur donnent d'ailleurs l'occasion de comparer leurs expériences et de se rendre compte d’incohérences entre leurs témoignages (2). Quant à la population rurale, voyant les benandanti au ban des accusés, elle retourne son opinion auparavant favorable : finalement, ce sont les benandanti qui sont les sorciers. En moins de cinquante ans, le point de vue se renverse : les personnes « nées coiffées » voient désormais leur destin comme une malédiction. C'est un monde qui s'effondre, les rêves des benandanti deviennent bientôt dans ce miroir le reflet grotesque du sabbat dont on les accuse. Quelques années plus tard encore, les seuls benandanti restants sont des miséreux, des charlatans qui effraient volontairement la population pour en tirer une aumône. L'inquisition frioulane, qui avait relaxé les premiers benandanti parce qu’ils n'étaient que des rêveurs, laisse partir les derniers parce que ce sont des menteurs, des vagabonds et des simples d'esprits.

Moins d’un siècle plus tard, on s'aperçoit que toutes les conditions qui permettaient de provoquer spontanément ces états de conscience modifiés ont disparu. Avec l'Inquisition, c'est surtout la culture de la Renaissance qui a pénétré ces régions reculées, et avec la culture, le dédain lettré du monde des rêves - qui ne sont que des rêves. Ce choc a détruit le contexte qui générait naturellement des benandanti.

Nous avons vu que le monde lettré avait sa propre opinion sur le rêve et que cette opinion a détruit les pratiques de conscience dans le rêve de la population illettrée. Qu'elle était-elle exactement ?

(1) Pour les benandanti, « sorcier » ou « malandante » est une dénomination vague qui peut éventuellement regrouper des personnes réelles vues en rêve - qui après vérification ne sont pas des sorciers - mais aussi des esprits des morts ou encore des benandanti qui, n'ayant pas pu revenir dans leur corps, sont morts et sont devenus de mauvais esprits.

(2) Ceux qui voudraient jeter un coup d'oeil rapide sur le contenu des rêves des benandanti peuvent consulter les pages 232 à 249 des Batailles Nocturnes de Carlo Ginzburg, où les deux premiers procès de benandanti sont cités en version intégrale dans l'annexe.


2LE DÉSINTÉRÊT DE L’OCCIDENT POUR LES ÉTATS DE CONSCIENCE ONIRIQUE

Il n’est pas possible d’affirmer que les benandanti (et autres) formaient une dream culture. Une dream culture est constituée autour d'un ensemble de croyances qui attribuent une place importante au rêve dans l'explication du monde et de la société. Les benandanti étaient isolés. C'est justement le fait que leur rôle social était négligeable, que leur point de vue n'était pas partagé, organisé - en bref, qu'il ne constituait pas ce que l’Eglise appelle une hérésie - qui leur a temporairement permis de subsister. Par contre, il est possible qu'ils soient l'indice fossile de l'existence, à une époque très reculée – sans doute pré-celtique - d'une dream culture en Europe.

Ce qu’il est intéressant de noter, c'est de voir l'importance d'un schéma culturel préétabli sur le contenu des rêves : les rêves des benandanti suivent tous la même direction pendant des années voire des siècles ; puis leur contenu change radicalement à partir d'un choc culturel. On peut dire que ces rêves - et leurs autres états de conscience modifiés - étaient incubés culturellement. Mais cela nous montre aussi un problème pour observer ce genre de phénomènes : lorsqu'une telle pratique « illettrée » est révélée à la conscience « lettrée », elle est détruite ; on ne peut qu'observer sa disparition.

Quelle était la vision lettrée sur le rêve et en particulier sur la conscience dans le rêve ? La lecture des rares témoignages qui existent - et le fait qu'il y ait si peu de témoignages - nous montre qu'elle n’est pas différente de la vision actuelle : un profond désintérêt. Saint Thomas d'Aquin évoque très brièvement la possibilité de savoir en rêve que l'on rêve. Il s'est penché sur la question du vol des sorcières - il estime que c'est du rêve - mais il n'éprouve pas le besoin d'insister sur les implications de la conscience de rêver. Il se peut que certains passages de la Vita Nova de Dante et le début de sa Divine Comédie soient en rapport avec des expériences de rêve lucide. On peut évoquer aussi Descartes (3), Thomas Reid et plus récemment Nietzsche. Le cas de Thomas Reid est intéressant puisqu'à l'âge de quatorze ans, il invente une méthode d'induction de rêve lucide pour lutter contre des cauchemars récurrents. Or une fois la méthode au point et lui-même débarrassé de ses cauchemars, il ne lui vient pas à l’esprit de continuer de l'utiliser ou de la perfectionner.

Dans l'ensemble, le point de vue global qui se dégage est le suivant : le rêve ne présente d'intérêt que par son contenu, pas par son état de conscience. Soit il est pourvu d’un contenu divin (apparition d'anges, messages transcendants) et il est important (saint Augustin, Dante, Descartes, Swedenborg) ; soit il n'en contient pas et il est négligeable. C'est aussi le point de vue ultérieur de la psychanalyse : Freud admet le rêve lucide mais il s'en moque éperdument car seul le contenu du rêve compte pour l’interprétation. Jung cite bien un de ses rêves lucides mais à cause d'un conseil qui lui fut apporté.

Ce comportement qui privilégie le contenu sur l'état de conscience ne diffère finalement pas de celui du contemporain. Si on lui raconte qu’on a fait un rêve érotique avec une star de cinéma, il va s’enthousiasmer. Mais si on lui apprend qu'il est possible de savoir que l'on rêve pendant que l’on rêve, il va trouver cela insignifiant, inintéressant. Un exemple de cette attitude est cité par Bruno Marchal : il tenait un journal de rêves depuis de nombreuses années lorsqu'on lui a parlé pour la première fois de rêves lucides. Ce n’est qu’alors, en cherchant dans son journal, qu’il s’aperçut que plusieurs d'entre eux en étaient. Autre exemple : Hervey de Saint Denys ne différencie pas les rêves que l'on appelle aujourd'hui lucides des rêves vifs, des rêves incubés, ou des rêves contrôlés sans conscience de rêver. C'est-à-dire que s'il n'existe pas une classification préétablie culturellement, ces rêves passent généralement inaperçus.

D'autre part, en ce qui concerne les rêves transcendants, le point de vue depuis le Moyen-Âge jusqu'au positivisme est que ces rêves sont des dons divins. Il est impossible de les provoquer, d’obtenir une connaissance par soi-même ; d'où le fait que les rêveurs ne cherchent pas à reproduire l'expérience ou créer de méthodes d'induction. Ce n'est qu'à partir du romantisme allemand (développé au début du XIXe dans une atmosphère protestante) que le rêve est de nouveau perçu comme un moyen personnel d'atteindre à l'élévation, élévation mystique (Swedenborg, antérieur au romantisme mais qui l'a largement influencé) ou, ce qui revient un peu au même à l'époque, artistique (Jean Paul Richter). C'est alors qu'on voit réapparaître un intérêt pour les états de rêve en tant qu'instrument magique, à travers le romantisme (voir Zanoni plus haut) puis le mouvement symboliste. Et c'est juste un peu plus tard qu'on voit se créer des méthodes pour le rêve lucide (Hervey, 1867) et qu'on se met à parler de projection astrale (Blavatsky, 1877).

Mais pendant plus d'un millénaire, depuis le Canon des Evèques jusqu'à Eliphas Lévi, le rêve a été considéré par les lettrés de l’Occident comme un délire hallucinatoire douteux ; et c'est sans doute la raison pour laquelle toutes les techniques magiques de contact avec le monde des esprits tournaient autour d'états de conscience où le « mage » était éveillé, soit en utilisant des états de veille modifiée provoqués par l'ascèse, soit en utilisant l'intermédiaire d'un « médium ».

Finalement, Bulwer-Lytton n’affirmait rien d’autre dans son roman : « et il en est peu qui voulussent s’y abandonner considérant, comme ils le font, que cet état de repos peuplé d’apparitions animées, est […] une illusion de l’âme hallucinée. »

(3) A la décharge de Descartes, c'est le seul qui a intégré le rêve lucide dans ses théories philosophiques. L'argument qu'il développe dans sa Première Méditation (absence de distinction entre rêve et réalité... d'où découle son « je pense, donc je suis » !) doit être entendu dans ce sens et c'est normal qu'il n'ait pas été compris par Bergson et Sartre.

 

 

 

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